Hommages

2005 Un hommage à Marguerite Fouchet

Hommage de Daniel Pion, principal du collège George Sand à Marguerite Fouchet…


Marguerite FOUCHET nous a quitté il y a peu.

C’est avec beaucoup de peine et de tristesse que j’ai appris son décès.

 

J’ai rencontré Marguerite FOUCHET pour la première fois en septembre 1970. Jeune professeur d’Education Physique et Sportive, frais émoulu de l’université, je découvrais alors mon premier poste au lycée George SAND de La CHATRE, et je rencontrais mes futurs collègues.

Dès mon arrivée et grâce à Marguerite FOUCHET j’ai pu faire connaissance très rapidement avec les élèves du lycée, avec la ville de La CHATRE et sa région.

Travailler à ses côtés fut un réel plaisir, toujours pleine d’énergie, de courage et de bon sens, elle m’a beaucoup appris sur le métier d’enseignant.

A cette époque (pas si lointaine que cela) les conditions d’enseignement de la discipline « Education Physique et Sportive » étaient difficiles, et cela aussi bien pour les professeurs que pour les élèves. Les séances se déroulaient le plus souvent à l’extérieur. Lorsque les conditions climatiques étaient vraiment trop mauvaises nous n’avions pour seul lieu de repli qu’une portion des anciens « baraquements » bâtis sur l’emplacement de la salle et des courts de tennis actuels. L’hiver dans ces petites salles le poële à charbon et le parquet qui accompagnait chaque mouvement des élèves ne faisaient pas perdre à Marguerite sa vitalité. Elle n’a pas eu la chance d’enseigner dans un véritable gymnase ni sur un stade complètement équipé. Malgré cela elle a toujours fait preuve d’un engagement sans faille dans sa mission de professeur d’EPS.

Je reverrai toujours son allure volontaire et sa silhouette dégageant beaucoup d’énergie, comme par exemple lorsqu’elle accompagnait une classe du stade jusqu’à l’annexe (le collège actuel) ou lorsqu’elle expliquait à ses élèves tel ou tel exercice physique.

Son départ laisse un grand vide …

Daniel PION
Professeur d’EPS au Lycée George SAND de La CHATRE, de 1970 à 1985

 



 

1997 Décès de Jean-Louis Boncoeur

Mon cher Jean Louis Boncoeur (Hommage par Guy Fouchet).

 

C’est au nom de tous les élèves qui, de 1933 à 1973, ont fréquenté le collège et le Lycée George Sand de La Châtre, que je viens vous adresser un hommage affectueux et vous marquer notre reconnaissance pour le rôle magnifique d’éducateur que vous avez assumé auprès de si nombreuses générations de jeunes, et aussi d’adultes.

En effet, Edouard LEVEQUE ne s’est pas contenté de remplir consciencieusement ses fonctions d’enseignant durant 40 ans ; il est allé au-delà, en se révélant un animateur exemplaire.

Dès le début de sa carrière, avant la guerre, il a su, déjà, susciter l’enthousiasme des élèves en leur faisant découvrir, à coté des charmes du dessin, l’apprentissage du théâtre.
Ensuite, il a pu les regrouper dans une troupe, celle des « Gays Escholiers » dont les succès ont dépassé les limites du Collège et même de la ville de La Châtre.
Les nombreuses pièces qu’il a montées, lui ont permis d’exprimer non seulement ses qualités de metteur en scène et de comédien, mais aussi de dessinateur, de peintre, de décorateur et même de costumier.

Les facettes aussi diverses d’un tel talent n’ont pas manqué de faire naître l’admiration et le respect chez les élèves, qui ne l’ont jamais regardé comme un censeur sévère, mais plutôt comme un aîné, artiste et poète, heureux de leur transmettre fraternellement son savoir-faire, son expérience et sa sensibilité.

L’excellente ambiance qui régnait au Collège de La Châtre devait beaucoup une personnalité aussi douée, mais aussi – modeste, chaleureuse et accessible à tous.

C’est donc tout naturellement qu’Edouard LEVEQUE est devenu le pilier de l’Association des Anciens Elèves, dont il a assuré, avec constance, le Secrétariat Général, puis la Présidence durant de longues années, jusqu’à la limite de ses forces à plus de 80 ans, Grâce à lui, ont été maintenus des liens amicaux noués pendant les années de Collège, et a été préservé le rayonnement d’une Association bien vivante.

TOUS, Anciens de notre jeunesse, voulons saluer, avec émotion et affection, la mémoire de l’éducateur et de l’animateur exceptionnel que fut Edouard LEVEQUE.

Nous adressons à son épouse, si joliment nommée Marie BONCOEUR, notre fidèle soutien et l’expression de notre profonde sympathie et à tous ses enfants nos sentiments de gratitude pour les joies que nous avons connues grâce à leur père.

Guy FOUCHET, Eglise Saint Germain de La Châtre, le 25 mars 1997


Adieu à Jean-Louis Boncoeur par Pierre Néraud de Boisdeffre.

« Il y aura, cet automne, cinquante huit ans, que j’ai fait la connaissance d’Edouard, Jules, Eugène Lévêque, qui allait devenir, pour notre joie et pour la fortune du Berry, Jean-Louis Boncoeur. Comme je l’ai raconté dans mes Mémoires, il était à la fois, au Collège de La Châtre, qui ne portait pas encore le nom de George Sand, notre surveillant à l’étude, notre professeur de dessin et il allait devenir et rester pendant des années le secrétaire général du collège, Sa dextérité’ faisait notre admiration, car il savait réellement tout faire. Il donnait l’exemple de Ia fructueuse conjonction de l’habileté manuelle et des talents intellectuels. On voyait chez lui, au sens propre du terme, la main enrichir les intuitions du cerveau, le geste prolonger la parole et les doigts obéir à l’oeil. Qui a vu venir au secours de l’un de nous qui n’arrivait pas à modeler une figure de glaise ou à reproduire un modèle antique, se souviendra toujours de sa pédagogie, souvent gouailleuse, ironique, mais efficace. Peut-être faut-il regretter qu’il n’ait pas poussé plus loin son talent de peintre et de dessinateur, mais il avait tant de dons que toute spécialisation aurait paru une mutilation. Sa carrière a été évoquée à plusieurs voix par ceux qui l’ont connu, le 25 mars dernier à l’église de La Châtre, puis au cimetière de Rezay, envahi ce jour là par une foule inhabituelle. (Une obligation diplomatique, ce même jour ou Quai d’Orsay m’a privé de partager en Berry le deuil de ses amis, venus nombreux, et la peine des siens). La multiplicité de ses dons faisait notre admiration. Car cet enseignant, qui savait si bien dessiner, ce fonctionnaire ponctuel et psychologue, était aussi et d’abord poète. Mais le poète allait devenir comédien, récitant, patoisant, élu municipal, animateur, dons les deux départements du Berry, d’innombrables manifestations, culturelles, théâtrales, poétiques ou simplement conviviales.

Son apport au Berry a été irremplaçable pour au moins deux raisons. La première est qu’il était un prodigieux animateur qui avait le don de créer autour de lui joie et amitié ; la seconde, tout aussi importante, c’est qu’à la suite de Gabriel Nigond dont il s’était institué le continuateur et le disciple, il a ressuscité le parler vrai de nos campagnes, tout un monde issu des fabliaux du Moyen Age et auquel il a rendu une présence, une saveur qu’on n’oubliera pas. Hisser la parlure au rang d’un art n’est pas donné à tous ; on citera longtemps les fables et les proverbes de Jean-Louis Boncoeur comme l’expression savoureuse d’une sagesse paysanne et d’une morale populaire proches du génie d’un Molière.

Il n’aurait pas fait goûter autant ses poèmes s’il n’avait joint à tous ses dons ceux d’un mime. De ce point de vue, on peut dire qu’il aura été le Jean-Louis Barrault de nos compagnes berrichonnes, une résurrection populaire de Deburau, qui aurait pu, tout comme lui, se produire sur les tréteaux du Boulevard du Crime. Le 15 août, à Bué, je ne manquais jamais d’aller l’entendre à la fête des Sorciers et des Birettes, et je m’émerveillais chaque fois d’une faconde restée intacte au seuil du grand âge. Sa silhouette de berger du Boischaut appuyé sur son bâton, découpée au bord de l’autoroute d’Auvergne accueille désormais les automobilistes. Ce passant insolite, dans sa biaude et sa limousine, ouvre les portes du Berry.
Ainsi rejoint-il pour toujours George Sand, la Bonne Dame de Nohant, qu’il révérait et qu’à sa manière, il continue.

Pierre Néraud de Boisdeffre


Notre aurevoir à Jean-Louis Boncoeur par Paul Chaumette.

Notre poète du terroir Edouard LEVEQUE alias Jean-Louis Boncoeur nous a quitté le 21 mars 1997 à l’âge de 85 ans. La cérémonie religieuse a eu lieu le mardi 25 mars à 15 h en l’église St Germain de La Châtre en présence d’une très nombreuse assistance, cérémonie suivie de l’inhumation au cimetière de Rezay (18) lieu de sa demeure.

« Le vieux berger » dernière image qu’il nous laisse de lui était un des personnages artistiques littéraires des plus connus dans la région et principalement a travers tout le Berry.

Surveillant Général puis professeur d’art et dessins au Collège George Sand de La Châtre et au Lycée du même nom, il s’est illustré hors ces établissements comme conteur en s’inspirant de « Gabriel Nigond » et des « Contes de la Limousine ». Il a composé de nombreux poèmes figurants dans les tomes 1 et Il de : « Le berger m’a dit » toujours très pittoresques où sont dépeint les manies et travers du monde rustique.

Il ci été écrivain avec « le village aux sortilèges », « le diable aux champs », « les contes du Berry » à Nohant,chez – la « bonne Dame », mais surtout avec le « Moulin de la vieille morte ». Sur la fin de sa vie, il commence un travail de longue haleine qu’il ne pourra hélas achever : création d’un dictionnaire de mots berrichons avec leur signification en bon français selon les différentes régions de son Berry, Il avait en plus une forte passion pour le théâtre.

Monter des pièces d’auteurs connus, Molière, Labiche, Pagnol, mais également des pièces de sa création. Entre autres  » La demande à Jean-Louis » – « La St Jean d’Eté » – la Pastoure et le Maître d’école (en vers). Le théâtre, il l’a créé au collège. Je me souviens de « Crainquebille » – « Les gaietés de l’Escadron »  » Les ailles » – « Le Ballet des Aurores » avec les jeunes filles du Cours complémentaire et le concours très averti de Mme Marguerite Fouchet Professeur d’Education Physique de cet établissement.
Au théâtre de Ia Ville de La Châtre, avec de vrais amateurs il a fondé le groupe « Comedia » qui a donné des pièces à succès telles que « le voyage de M, Perrichon – « La petite chocolatière » – « Mon curé chez les riches » – « Le chapeau chinois ».
Ces représentations étant jouées et souvent rejouées, d’où leur succès.

Quand il n’écrivait pas, il peignait, quand il ne peignait pas, il était acteur, quand il n’était pas acteur, il était conteur et souvent toutes ces qualités réunies dans une même action, En résumé, l’Art sous toutes ses formes avec un mélange d’humour, de tendresse et de juste ton.

Il a consacré en outre une grande part de son activité dans le maintien et le prolongement de cette Association Amicale des Anciens et Anciennes Elèves du Collège et Lycée George Sand de La Châtre.
La création de cette Amicale date, comme vous le savez de 1908 et a été l’oeuvre de Monsieur Loutil juge de paix à La Châtre, lequel était en plus un ami de la famille Lévêque.
En 1988 le 80ème anniversaire de cette association a été marqué par une exposition à l’hôtel de Villaines.
Après différents Présidents qui se sont succédés dans cette amicale, c’est à François Robert d’occuper ce poste, et c’est le dimanche 21 septembre 1930 que le jeune Edouard Levèque ( futur Jean Louis Boncoeur) a prononcé son premier discours lors du banquet officiel et c’est sous la Présidence de Vincent Rotinat qu’il devient secrétaire en 1934, Le repas se déroulait à l’hôtel du Boeuf.
En 1956 à la démission de Vincent Rotinat, George Raveau est nommé Président et Edouard Lévêque secrétaire général, C’est en 1978, au départ du Président Pierre Bigrat que le bureau désigne Edouard Levêque- Boncoeur, secrétaire depuis une quarantaine d’années, à la présidence de cette association.
De cette époque, nous connaissons les productions annuelles composées de deux bulletins : 1 bulletin d’été, 1 bulletin d’hiver. Bulletins artistiquement illustrés d’enjolivures, de croquis, d’histoires drôles, de faits divers, et de comptes rendus de nos manifestations. Vers 1987/1988 pour des raisons de santé, Jean Louis Boncoeur me demande de le remplacer pour Ia gestion de l’Amicale et la confection des bulletins. A noter parmi ses distinctions : Nomination au titre de « Commandeur dans l’ordre des palmes académiques », et « Chevalier dans l’ordre national du mérite ».
En 1993, Pierre de Boisdeffre est nommé à Ia Présidence et succède ainsi à Jean Louis Boncoeur qui devient Président d’Honneur.

Ainsi qu’il a marqué par ses dons multiples, les habitudes , les coutumes de notre région dans les différents domaines de la culture, il a marqué nos personnes, non seulement lors de notre passage au collège ou au Lycée mais également dons notre vie, et en ce qui nous concerne, lors de cette Amicale à laquelle il tenait beaucoup, et que nous nous efforçons de faire vivre et progresser malgré cette période de récession que nous traversons.
Tu viens de nous quitter Jean Louis, mais pourtant pas complètement, car tu resteras toujours dans nos mémoires et nous te retrouverons sans cesse ou cours de nos rencontres, de nos repas. C’est pourquoi, nous te disons simplement un aurevoir ».

Nos condoléances émues à Marie Boncoeur, son épouse, à Claude, sa fille, à Michel, son fils, à leur conjoint et conjointe et à tous les membres de la famille.

Paul Chaumette, Secrétaire Général de l’Amicale.

Jean-Louis Boncoeur nous a quitté le 21 mars 1997 à l’âge de 85 ans…

 



 

1986 Décès de Jacques Chauvet

IN MÉMORIAM JACQUES CHAUVET

« Dis donc, Jacques, si tu as le temps demain, tu peux passer me donner un coup de main ? » Telle est la phrase qui résume le mieux la vie de Jacques Chauvet toujours dévoué, rendant d’innombrables petits et grands services.

Berrichon de vieille souche, Jacques, comme nous l’appelions familièrement, voire affectueusement, était un « gars de chez nous » : né dans le Boischaut, il le sentait, le vivait intensément, comme nul autre. Rien ne lui échappait, il connaissait tout le monde, chaque famille, tous les coins et recoins de sa chère région, il n’avait pas assez de mains les jours de marché ou de fêtes locales pour saluer tous ses amis. Oh ! certes, il fut aussi souvent critiqué, pour ceci ou pour cela, mais invariablement cela se terminait par « mais, Jacques, c’est un bon gars… » Que dire de plus ? Sa bonté naturelle désarmait ses éventuels contradicteurs.

De sa « carrière politique », il est inutile d’en parler, tout le monde la connaît. D’ailleurs, qu’importent les sincérités successives de ses opinions politiques : l’Homme valait mieux que celles-ci puisque pour lui, faire de la politique, c’était aider, être à la disposition d’autrui, bien souvent au détriment de ses propres affaires. Pour lui, la politique était partager les joies et les soucis de ses concitoyens.

Jacques était le type même du notable, profondément enraciné dans le terroir dont il était issu ; ses électeurs votaient pour lui parce que c’était lui, Jacques, tout bonnement, avec ses grandes qualités de coeur, son humour. Sa clientèle électorale lui était d’une fidélité à toute épreuve car elle lui était attachée par des liens solides, nés d’une longue amitié et d’une fraternité authentique, celle que l’on se choisit par affinité. Doté d’un grand bon sens et fin psychologue sous des aspects parfois rudes, il savait écouter et il flairait l’évolution des idées de ses compatriotes comme un chien de chasse sent le gibier dans la haie : il connaissait tellement bien son monde ! Et plus d’une fois, il me surprit par la justesse de ses pronostics.

Avec lui disparaît une personnalité peu commune, chaleureuse et vraie ; il me semble même que c’est la fin d’une époque alors qu’apparaît maintenant une classe de politiciens desséchés et sans âme, incapable d’écouter les autres et de partager leurs préoccupations.

Adieu Jacques ! Jacques qui si tôt fit partie du paysage sympathique de mon enfance de la rue Galliéni, Jacques qui là haut a dû retrouver d’innombrables amis…

Alain Bilot

IL ETAIT MON AMI

Il était certainement l’homme le plus populaire de La Châtre, le plus connu bien au delà des limites de notre canton. Il était certainement aussi l’homme qui connaissait mieux tous les habitants de notre région. Son étonnante mémoire contenait la généalogie, la parenté, les alliances de chacun d’entre nous.

Ses concitoyens lui ont accordé très tôt leur confiance et leur amitié qu’il leur rendait bien. Elu conseiller municipal à 25 ans, constamment réélu, puis, devenu maire et Conseiller Général, il s’est montré toujours dans ses mandats publics attentif et dévoué, comme il était, dans le privé, l’ami au grand coeur, toujours prêt à rendre service à quiconque, souvent au détriment de ses propres affaires.

Il avait ce don rare d’être tout aussi naturel et cordial avec le plus humble qu’avec le plus riche, à son aise dans le plus pauvre logis comne dans les réceptions huppées.

Son humour merveilleux qui ne l’a jamais quitté, même dans les derniers jours de sa lutte courageuse contre son mauvais mal, ravissait tous ceux qui l’approchaient. Nous attendions toujours de lui, une histoire, une réponse cinglante ou malicieuse, un commentaire spirituel et nous n’étions jamais déçus.

Jacques, mon ami, tu ne seras plus là pour transformer l’évènement le plus banal en anecdote savoureuse, pour nous réjouir de ton inimitable façon de traiter avec esprit le côté dérisoire des choses.

Jacques, nous te garderons toujours une place dans nos coeurs car nous étions nombreux à savoir que derrière cette façade amusante et légère se cachait l’immense tendresse que tu portais à tous tes semblables.

R. Henriet
Jacques Chauvet est décédé le 25 février 1986

 

 



 

1975 Décès de Vincent Rotinat

Mes chers Camarades, Vincent ROTINAT nous a quitté.

Nous avons tous été saisis d’une grande émotion, mélangée de peine, de respect et de regrets.
Vincent ROTINAT, c’était « LE PRESIDENT ». Partout où sa passion l’engageait, il ne pouvait être autre chose que « LE PRESIDENT », même et surtout dans les fonctions les plus élevées. Et, quand nous

l’appellions ainsi, il n’y avait dans notre pensée aucune part de solennité ni d’affectation, et nous ne faisions que traduire un très grand sentiment de déférence et d’affection.
La déférence que nous éprouvions devant l’homme public et son caractère inaltérable et devant sa carrière droite comme son corps et fidèle à un idéal humain et politique qui n’a jamais dévié.

L’affection pour l’ami épris de justice, pour l’homme qui dissimulait par pudeur son excessive affectivité, ses émotions intenses derrière un masque qui se voulait sévère, mais au milieu duquel l’oeil perçant laissait apparaître toute l’indulgence et toute la bonté.
Comme nous tous, il fût un élève du vieux Collège, et pour beaucoup d’entre nous, il y fût un de nos professeurs le plus aimé. Notre Amicale lui doit aussi beaucoup. Il l’a porté dans ses bras à un moment difficile. Il lui a redonné une vie. Il lui a redonné une âme.

PRESIDENT ROTINAT, nous ne vous oublierons pas.